Je vous invite à visiter de nouveau le blog de veecus parce que je viens de publier un nouvel article (dont le titre est "Interview de Mr Mondal, fondateur de VSSU) : http://www.veecus.com/blog/.
Très bientôt j'espère que la video-interview que j'ai faite de Mr Mondal pourra être, elle aussi, mise en ligne.
J'ai galéré des heures et des heures pour convertir des formats, ajouter des sous-titres et compresser le tout... La vidéo reste encore trop lourde pour le blog et j'attends que Veecus puisse se charger de cette dernière étape.
Sinon tout se passe bien ici, j'ai repris les visites de terrain que j'aime toujours autant même si les problèmes de communication sont encore très présents. Plein de nouveau "case studies" à écrire en tout cas. Je dois aussi écrire un petit résumé sur les "feedbacks" des clients que j'aimerais remettre à Mr Mondal... J'ai remarqué que faire remonter l'information du "bottom to the top" est très difficile donc c'est une bonne occasion de se montrer utile.
A très vite,
Léa (qui souffre ENCORE de la chaleur et qui se demande quand cela va s'arrêter)
A l’occasion des jours de congé pour l’anniversaire de Mahatma Gandhi et la célébration de Laxmi Puja, Mr Mondal nous a emmenées (Erin, moi et Kakoli – une employée de VSSU) à Santiniketan lieu où a vécu Rabindranath Tagore.
Paysage de verdure à Santiniketan
Une bref explication wikipedienne pour vous situer :
Santiniketan : is a small town near Bolpur in the Birbhum district of West Bengal, India, approximately 180 kilometres north Kolkata (formerly Calcutta). It was made famous by Nobel Laureate Rabindranath Tagore, whose vision became what is now a university town (Visva Bharati University)that attracts thousands of visitors each year. Santiniketan is also a tourist attraction because Rabindranath wrote many of his literary classics here, and his house is a place of historical importance.
Rabindranath Tagore : Rabindranath Tagore (7 May 1861 – 7 August 1941) was a Bengali polymath. As a poet, novelist, musician, and playwright, he reshaped Bengali literature and music in the late 19th and early 20th centuries. As author of Gitanjali and its "profoundly sensitive, fresh and beautiful verse", he became Asia's first Nobel laureate by winning the 1913 Nobel Prize in Literature.
Le voyage a été épique : voiture + train + bus + train + rickshaw + stop pour manger + rickshaw. En tout, porte à porte, on en a eu pour 7h environ. Il faisait hyper chaud, les trains étaient bondés… On est sollicité de toutes parts par des commerçants ambulants et des mendiants. C’est pas très facile psychologiquement mais on a l’impression que si on peut survivre à ce genre de voyage on peut à peu près tout faire en termes de déplacements.
Balade en Rickshaw sur les sentiers tranquilles de Santiniketan
Dans un petit village a côté de Santiniketan, toutes les maisons sont décorées de sculptures de ce type (très jolie)
Nous avons donc visité la ville de Santiniketan qui est extrêmement agréable : plein de verdure, pas trop de monde, beaucoup d’espace. Ca m’a fait du bien (et à Erin aussi) de changer d’environnement. Après l’effervescence de Durga Puja un peu de tranquillité n’était pas de refus.
Nous avons aussi pu voir le campus de l’université de Santiniketan qui est superbe ! On était à deux doigts de demander notre transfert de Sciences Po à Visva Bharati University. On a rencontré un peintre célèbre en visitant sa galerie dont le nom est Selim Munshi. Très beaux tableaux de style extrêmement différent.
Erin et Kakoli et leur rickshawpuller sur le campus de l'université
Une vache qui prend un peu de repos avoir marcher dans l'immense campus de l'université
Une des résidences universitaires (où dorment les étudiants!), jadis département de musique
De gauche à droite: Kakoli, Erin et Mr Mondal devant la maison de Rabindranath Tagore
Petit Cabanon en mosaïque dans le jardin de Rabindranath Tagore
Rencontre avec des singes sur le campus
Nous sommes également passé devant la maison d’Amartya Sen (grand économiste a renommé international, qui a notamment écrit sur les questions de pauvreté).
Une maison dans une quartier résidentiel que j'ai choisie comme future demeure (elle reprend les motifs sur ses murs des sculptures du village voisin)
Une petite pause pour le célèbre "tea program" de Mr Mondal (il aime beaucoup le thé, comme tous les indiens, donc il nous proposait des "tea programs" dans la journée, des moments où on pouvait s'assoir et prendre un thé)
Nous avons dormi dans un hôtel tout à fait correct et sommes repartis le lendemain vers midi (après une seconde visite de la ville, en passant notamment par le « Deers Park », petit clin d’œil à Papa qui aurait bien aimé).
Cela devient de plus en plus difficile de tenir le blog parce qu’il y a tous les jours des nouvelles choses à raconter et que je n’ai pas le temps d’écrire !
Je vais commencer par un sujet important : DURGA PUJA. C’est le plus gros festival Bengali de l’année qui célèbre la Déesse Durga. Tous les Bengalis prennent leurs vacances, visitent leur famille et font la fête. C’est donc une chance d’être ici au moment de Durga Puja (des Indiens de tout le pays viennent même ici pour assister à cette grande fête).
Pour les éléments importants on va regrouper ça en quatre parties (j’ai l’impression d’être à Sciences-Po pour un exposé):
1.J’ai eu la chance d’être invitée par deux employés de VSSU, dans leur maison, pour fêter les premiers jours de Durga Puja. D’abord chez Bornali (travaillant au MIS - système d'information- de VSSU) puis chez Nilandjana (comptable) à Joynogur. Nourriture à profusion je n’arrivais plus à me déplacer haha.
Bornali préparant un plat de nouilles épicées
Anindita et la fille de Bornali( trop mignonne)
Deuxième repas chez Nilandjana, de gauche à droite: Nilandjana, Jogasdish-da, Anidita, Khakoli-di
Un temple dédié à Durga à l'intérieur même de la maison de Nilandjana!
Nilandjana et son fils aux grands yeux en amande
2.J’ai visité des villages qui célébraient Durga Puja avec Anidita. Notamment à Kulpi où j’ai pu admiré trois superbes « pandels » (présentations des Dieux). Il y avait beaucoup de monde mais j’étais guidé par un Branch manager de VSSU dans la foule. Parallèlement un drame se tramait autour d’Anidita qui ne retrouvait plus un de ses amis et qui était très mécontente parce que celui-ci était injoignable. On l’a retrouvé un peu plus tard, l’atmosphère était tendue !
Portrait de Durga
Chants et musiques devant Durga et ses fils et filles (à Laxmikantapur)
Durga entourée de ses enfants
Un "prêtre" priant aux pieds de Durga
3.J’ai accueilli Erin, la nouvelle interne qui est arrivée le troisième jour de Durga Puja. Son vol avait été annulé et on a un peu galéré à la retrouver (le manager de l’aéroport me disait qu’elle n’était pas sur la liste du vol prévu…) mais après une heure de bataille pour savoir ce qu’elle était devenue nous la retrouvons à l’aéroport domestique.
Parce que Durga Puja est partout, nous avons pu visité un petit temple tout à côté de l'aéroport en attendant Erin
4.Nous avons vécu le dernier jour de Durga Puja a Diamond Harbour (la plus grosse ville des alentours) tout le monde (enfin uniquement les garçons) dansait comme des fous dans les rues, alors que des chariots transportant les déesses et dieux (Durga, ses deux filles et ses deux fils) étaient amenés vers le Gange où ils se retrouvent immergés à la fin de la soirée. Nous n’avons pas pu voir cette « mise à l’eau » parce qu’il y avait beaucoup de monde et qu’il était très tard. Nous étions exténués donc nous sommes rentrés avant. Nous avons fini la soirée à Ullon, où le village était en ébullition ! Nous avons été peinturlurées (Erin et moi) avec du Vermillon (comme d’autres femmes du village, mais pas autant que nous !).
Sur la route pour aller à Diamond Harbour, Mr Mondal, Erin et moi avons été invité à "faire bonne figure" sur une estrade où se tenait la police de la ville de Kulpi (si je me souviens bien du lieu). Nous avons pris le thé avec le "senior officer" (et avons été le centre d'attention de toute la ville...)
Les hommes (uniquement) dansent devant les camions qui transportent les Dieux et Déesses (ils sont "retenus" par deux cordes qui délimitent la piste de danse mouvante). Il est assez impressionnant de voir que même dans des cas d'intense agitation, il y a toujours possibilité de circuler en voiture (des personnes chargées de la circulation s'occupent de la sécurité).
A Diamond Harbour un temple à droite et une piste de danse à gauche
De retour à Ullon, tout le monde danse et en particulier les enfants (à droite Nayan le neveu de Mr Mondal qui parle extrêmement bien Englais et avec qui nous avons passé un peu de temps le lendemain, il m'a d'ailleurs donné un peu de musique indienne à écouter sur mon ordinateur!)
Comme je ne parle jamais des mauvais côtés et queje veux quand même donner une image fidèle de mon séjour ici, je vais vous présenter deux éléments particulièrement difficiles : la chaleur et les problèmes de communication.
La chaleur
Je vais m’inspirer d’un mail que j’ai envoyé il y a quelques jours à Maman pour vous expliquer les conditions climatiques de ces derniers jours.
Après trois jours de pluie non stop, une chaleur insupportable est venue s’abattre sur nous…
Récit des deux dernières nuits
Nuit du 13 au 14 : Chaleur insupportable toute la journée… Ce climat fatigue beaucoup et on a qu’une envie le soir c’est de pouvoir se reposer. Mais… Pas de chance : plus d’électricité ! J’ai beau ouvrir toutes mes fenêtres pas un brin d’air ne passe (en fait ma chambre est hyper chaude parce que le soleil tape dessus toute la journée…). Il m’est alors impossible de rester à l’intérieur quand le ventilo ne marche pas (et même avec le ventilo je ne suis pas au frais). Donc je décide de sortir et de trouver un endroit où la chaleur est plus supportable. Après avoir erré en vain à droite et à gauche (à monter et descendre des étages pour voir où il fait le moins chaud et où je peux m’assoir), je décide de me mettre de l’anti moustique parce que je comprends que le seul endroit vivable est le toit de VSSU où je vais me faire attaquer par les moustiques. Et bien sûr… après 2 mois d’utilisation intensive : plus une goutte ! Je fais mes fameux calculs économiques sur la courbe d’indifférence chaud / moustique et comme d’habitude je préfère me faire bouffer que de souffrir de la chaleur. En fait ce n’est même pas vraiment un choix : il est juste impossible de rester dans ma chambre. Il faut donc supporter les zzzzZZZiiii incessants.
Je monte donc jusqu’au toit de VSSU après avoir aspergé (quand même) mes vêtements et une sorte de châle avec un autre type d’anti moustique (celui qui s’applique sur le tissu et non pas sur la peau). Il y a un endroit légèrement incliné ou on peut s’assoir et avoir une vue sur les rizières. C’est là que je me suis installée (c’est l’endroit le plus haut que je pouvais atteindre). Je grimpe en vérifiant s’il n’y a pas de bêtes qui m’attendent avec ma mini lampe de poche : rien à l’horizon. Je m’installe donc, en essayant de reprendre mon souffle (parce que le moindre effort est épuisant). Pour combler le tableau les chiens du village hurlent à la mort (on dirait des bruits de loups enragés ahah). J’ai l’impression d’être dans un film soit d’horreur soit comique. Seul point positif sur lequel j’essaie de fixer mon attention : les étoiles. Le ciel n’a pas un seul nuage (ca voudrait dire qu’on pourrait espérer qu’il pleuve…) donc le ciel est magnifique. J'essaie de capter la moindre minuscule brise.
Je suis tellement crevée (notamment parce que la nuit d'avant il y avait aussi eu des problèmes d'électricité) que j'arrive presque à m'endormir là (malgré les bruits de ces saletés de moustiques).
D'ailleurs question: quel est l'intérêt pour l'écosystème du moustique? Est-ce qu'il a une quelconque utilité? (faut demander à Papa qu'il m'éclaire là dessus: à part servir de nourriture aux geckos ou oiseaux? - qui pourraient très bien trouver autre chose que des moustiques pour se nourrir).
Finalement quand je reprends "conscience" je m'aperçois que l'électricité est revenue: ô miracle! Je retourne dans ma chambre et j'essaie de m'endormir sans moustiquaire (elle coupe l'air que je reçois du ventilo) et les fenêtres ouvertes.
Pour revenir rapidement sur la nuit du 12 au 13 : il y avait effectivement eu des problèmes d’électricité similaires à celui là. J'ai du me réveiller à 7h du mat un dimanche (alors que je rêvais de dormir plus) parce que mon ventilo ne marchait plus. Dans un demi sommeil je me suis dirigée vers la salle de bain et je me suis balancée sur la tête ce qu'il restait d'eau. J'étais trempée mais ca ne faisait aucune différence (l'eau était à la même température que l'air ambiant). Du coup j'ai passé ma matinée dans la salle à manger (où il fait légèrement plus frais) avec un mec qui travaille pour Read Global (un partenaire qui a monté la bibliothèque de VSSU) à parler de la culture et la politique indienne (dans un anglais extrêmement approximatif lol). Après je me suis rendue au Home for Children, chaleur de fou (ils n'ont pas l'électricité: ni dans le Home for CHildren ni dans la bibliothèque). J'ai eu l'excellente idée à un moment donné d'essayer d'attraper un des gamins (on jouait au chat et à la souris). Pendant que je courrais je ne me rendais pas compte que j'avais chaud mais quand je me suis arrêtée j'ai mis 2 heures à
m'en remettre (littéralement deux heures)! Je transpirais sans discontinuer mon corps me disait: STOP Faut que la température redescende!!!!! En fait c’est très étrange parce que ce n’est presque plus de la transpiration j’ai l’impression que l’eau se condense sur mon corps.
La nuit du 14 au 15 : Je ne vous ferai pas le récit ultra détaillé de cette dernière nuit mais en gros je me suis retrouvée dans la même situation que la veille : plus d’électricité et impossibilité de dormir dans ma chambre. Bonani était tout aussi désemparée que moi. On s’estretrouvé (sans s’être consultées) sur le toit où nous avons commencé notre nuit (entourées de spirales anti moustique et de mon petit appareil à ultra son, allongées sur son sari). Après quelques temps l’électricité est revenue… On a pu rejoindre nos chambres vers 1h30 du matin. Le lendemain (c'est-à-dire aujourd’hui) je me suis réveillée vers 7h parce que l’électricité s’était de nouveau arrêtée (je dors généralement jusqu’à 8h30). J’ai du fuir ma chambre et m’installer sur les marches qui mènent au premier étage (il y a une petite fenêtre qui donne sur l’étang d’où se faufilent quelques brins d’air). J’ai attendu en lisant.
Communication
Maintenant quelques mots sur les problèmes de communication. Ne pas parler le Bengali est vraiment un handicap. J’ai l’impression de passer à côté de beaucoup de choses. J’aime bien pouvoir comprendre ce qui se dit autour de moi, comment les gens se parlent et interagissent entre eux. Ce qui est quasiment impossible quand on ne parle pas la langue. Je peux comprendre certaines choses grâce au langage du corps, au contexte et à certains mots de vocabulaire que j’ai appris mais ça reste très superficiel. Même si je suis souvent accompagnée de quelqu’un qui sait à peu près parler anglais on ne fait pas souvent l’effort de me traduire.
Le problème c’est que mon cerveau est toujours en train de faire des efforts pour capter quelque chose. Ce qui est quasiment impossible. Du coup c’est extrêmement fatiguant psychologiquement (et même physiquement). Je ne peux pas m’empêcher d’essayer de comprendre. Parfois j’essaie de focaliser mon esprit sur quelque chose d’autre. Il faudrait que je me mette à apprendre intensément le Bengali mais ça demande un travail énorme et les journées de boulot sont longues. Je n’ai pas le courage de m’y mettre quand elles se terminent (et les cours avec ma collègue indienne se sont arrêtés pour cause de démotivation de sa part).
Le problème c’est qu’en plus, même si mon patron sait que la langue pose problème il ne réalise pas à quel point. Du coup, il me convie parfois à des réunions entièrement en bengali ce qui est vite très fatiguant (imaginez-vous rester dans une pièce dans un meeting dans une langue étrangère pendant plusieurs heures en étant d’une absolue inutilité). Ca part d’un bon sentiment : il veut me faire participer aux activités de l’organisation mais ça reste difficile pour moi. Ne pas maîtriser la langue procure un grand sentiment d’isolement. Les gens se parlent entre eux, font des plaisanteries. On est obligé de sourire (parce que tout le monde rit) mais on ne sait pas pourquoi… Devoir se montrer agréable alors qu’on ne comprend rien cela demande une patience et un effort significatifs.
En tout cas pour le côté positif : j’ai développé des trésors de patience ce qui n’était pas forcément ma qualité principale avant de venir.
Cette image n'a pas de rapport direct avec le texte, c'est une photo de Bonani qui sèche son linge le soir (en l'occurence son Sari: ce qui vous donne un peu l'idée de la longeur du tissu). Il fait suffisamment chaud pour que tout soit sec très rapidement... (Ici nous sommes justement sur la terrasse - toit de VSSU, à un étage au dessous de l'endroit où nous avons essayé de dormir)
Voici quelques photos que j'ai prises quand j'ai rendu visite à un des "Branch Manager" de VSSU qui s'avère aussi lire dans les lignes de la main...
Nous arrivons dans un village complètement perdu, en pleine nuit, quasiment pas de lumière avec mes tongs à petit talon (je n'avais pas été prévenue que nous allions nous enfoncer dans la jungle!)
Nous sommes accueillis chaleureusement (comme d'habitude), nous nous asseyons et, immédiatement, une myriade de plats nous sont servis!
Ici le seul moyen de s'éclairer: lampe à pétrole
Le repas!
... Sans le flash:
Une cachette pour brosse à dent: le toit de la maison-hutte.
Que nous réserve l'avenir?
Donc, verdict concernant le futur: j'ai un avenir très brillant qui m'attend dans le domaine du développement et de la littérature (je ne lui avais absolument pas dit que la littérature m'intéressait! trop marrant!). Reconnaissance internationale, voyages dans divers pays, etc.etc. Il était ultra enthousiaste en disant que j'avais une ligne de "chance" extrêmement forte, que c'était une chance pour eux que je sois venue ici, etc. C'est très mignon tout ca!
Changement de sujet:
Ici, un des lieux de mon quotidien: la boutique où nous prenons le thé quasiment tous les soirs:
Une autre boutique à thé (au lieu de faire la tournée des bars, parfois on boit un thé dans la première boutique, et cinq minutes plus tard, un thé dans cette seconde boutique)